Assistance médicale d'urgence lors d'un voyage à l'étranger avec intervention professionnelle
Publié le 16 mai 2024

Contrairement à l’idée reçue, posséder une assurance voyage ne suffit pas. Sans la maîtrise de son protocole d’activation, elle peut se révéler inutile en cas de crise majeure à l’étranger.

  • Votre assurance maladie de base (LAMal) est sévèrement plafonnée et souvent inefficace face aux coûts réels des soins hors d’Europe.
  • Le statut de donateur à la REGA n’est en aucun cas un contrat d’assurance et ne garantit pas un rapatriement.

Recommandation : Assimilez la procédure d’appel à votre centrale d’alarme comme une checklist de sécurité vitale, à préparer méticuleusement avant même de boucler votre valise.

L’excitation d’un long voyage, que ce soit l’année sabbatique d’un jeune diplômé en Asie ou la retraite bien méritée d’un couple explorant les parcs nationaux américains, est une sensation unique. On planifie les itinéraires, on rêve aux paysages, on anticipe les rencontres. Mais personne n’aime imaginer le scénario catastrophe : la chute, l’infection soudaine, l’accident de la route. L’urgence médicale qui vous conduit dans un hôpital inconnu, où la barrière de la langue n’est rien comparée au mur financier qui se dresse devant vous.

Beaucoup de voyageurs suisses, forts d’un système de santé national robuste, partent avec une confiance bien placée mais souvent mal informée. On pense être couvert par sa caisse maladie, par sa carte de crédit dorée ou par son soutien annuel à la REGA. Ces protections existent, mais elles sont un labyrinthe de clauses, de plafonds et d’exclusions. En tant que coordinateur d’urgences internationales, mon rôle n’est pas de vous vendre une assurance. C’est de vous expliquer, avec le calme et la rigueur que la situation exige, le mécanisme précis qui peut soit vous sauver d’une dette colossale, soit vous y plonger si vous en ignorez les règles.

Cet article n’est pas une brochure. C’est un briefing pré-départ. Nous allons décortiquer ensemble, non pas les promesses marketing, mais les protocoles logistiques. Nous verrons pourquoi votre carte d’assurance suisse peut devenir un simple morceau de plastique, comment activer une centrale d’alarme pour qu’elle devienne votre bouclier, et quelles sont les erreurs critiques qui peuvent annuler toute couverture. L’objectif est simple : transformer votre police d’assurance d’un document abstrait en un outil opérationnel, prêt à être déployé au moment où vous en aurez le plus besoin.

Pour vous guider à travers ces points essentiels, nous avons structuré cet article en plusieurs étapes clés. Chaque section aborde une question critique, un piège à éviter, ou un protocole à maîtriser pour garantir votre sérénité, peu importe où votre voyage vous mène.

Pourquoi votre carte d’assurance maladie suisse devient totalement inopérante lors d’une hospitalisation urgente aux États-Unis ou au Japon ?

L’un des malentendus les plus dangereux pour un voyageur suisse est de croire que sa couverture LAMal de base est un filet de sécurité universel. C’est une erreur qui peut coûter des dizaines de milliers de francs. Le principe de la LAMal pour les urgences à l’étranger est simple et strict : elle rembourse au maximum le double du montant que la même prestation aurait coûté en Suisse, dans votre canton de résidence. Si cela peut sembler suffisant pour un voyage en Europe, c’est une protection totalement illusoire dans les pays à système de santé privatisé et aux tarifs exorbitants comme les États-Unis, le Canada ou le Japon.

Une simple fracture de la jambe peut y coûter entre 15 000 et 40 000 dollars. Votre LAMal, basée sur un tarif suisse de peut-être 8 000 CHF pour une telle intervention, ne couvrira donc au maximum que 16 000 CHF. Le reste, soit potentiellement plus de 20 000 CHF, sera entièrement à votre charge. Pour une appendicectomie, l’écart est encore plus dramatique. Face à une facture pouvant atteindre 48 000 CHF, le remboursement de la caisse maladie de base paraît dérisoire. Cette réalité financière est souvent un choc brutal pour les patients, qui découvrent trop tard que leur carte d’assurance est vue par l’hôpital étranger comme peu ou pas solvable.

Le tableau suivant illustre de manière concrète l’insuffisance de la couverture de base face aux coûts réels dans certains pays, une information essentielle confirmée par une analyse des frais médicaux à l’étranger.

Coûts hospitalisation et couverture LAMal : comparaison internationale
Pays Type d’intervention Coût réel Couverture LAMal estimée Reste à charge
États-Unis Fracture jambe avec hospitalisation 30 000 – 40 000 USD (27 000 – 36 000 CHF) Max 15 000 – 20 000 CHF 12 000 – 21 000 CHF
États-Unis Appendicectomie 45 000 EUR (48 000 CHF) Max 20 000 CHF 28 000 CHF
Australie Bras cassé 1 200 EUR (1 300 CHF) Double du tarif CH Variable
Canada Consultation urgences 670 EUR (720 CHF) Double du tarif CH Variable

Cette limitation n’est pas un défaut de votre assurance, mais la règle fondamentale du système. Elle impose au voyageur prévoyant de se munir d’une garantie d’assistance voyage spécifique, dont le rôle premier est de combler ce vide financier et logistique.

Comment activer la centrale d’alarme 24/7 de votre assurance pour qu’elle prenne le relais face à des médecins étrangers refusant de vous soigner sans avance ?

Face à une urgence médicale, le stress et la panique peuvent paralyser. C’est précisément à ce moment que le protocole devient votre meilleur allié. Lorsque vous êtes face à une administration hospitalière qui exige une carte de crédit avec une limite de plusieurs dizaines de milliers de francs avant même le premier soin, votre seul recours est votre centrale d’assistance. Le numéro de téléphone 24/7 de votre assurance voyage est la clé la plus précieuse de votre portefeuille, bien plus que n’importe quelle carte bancaire.

L’activation de la centrale est l’étape qui transforme votre contrat d’assurance en une action concrète. Votre premier appel est crucial. Vous ne parlez pas à un service client, mais à une équipe de coordinateurs d’urgence. Leur mission est double : évaluer la situation médicale avec leurs propres médecins-conseils en Suisse et fournir une garantie de paiement à l’hôpital étranger. C’est cette garantie qui débloque la situation et vous donne accès aux soins sans avoir à avancer des sommes colossales. Pour que cet appel soit efficace, une préparation minimale est indispensable, même dans l’urgence.

L’image ci-dessous symbolise cette coordination vitale : un médecin-conseil en Suisse, au téléphone, devenant votre pont logistique et médical avec l’équipe sur place.

Pour assurer une prise en charge rapide et sans accroc, il est impératif d’avoir les informations suivantes prêtes lors de votre appel. Considérez cette liste comme votre checklist de survie :

  • Numéro de police d’assurance : Ayez votre contrat ou le numéro à portée de main.
  • Localisation précise de l’hôpital : Nom complet de l’établissement et adresse exacte.
  • Numéro de téléphone du médecin ou de l’accueil : Un contact direct pour faciliter la communication entre les équipes médicales.
  • Nature du problème médical : Décrivez les symptômes et le diagnostic provisoire.
  • Votre numéro de rappel : Un numéro local ou WhatsApp pour que la centrale puisse vous recontacter.

Une fois le contact établi et la prise en charge validée, la centrale d’alarme devient votre interlocuteur unique, gérant les aspects financiers et logistiques pour vous permettre de vous concentrer sur l’essentiel : votre santé.

Livret ETI du TCS, couverture via carte de crédit or extension voyage caisse maladie : quel contrat couvre réellement un road-trip d’un mois en Asie ?

Le marché suisse des assurances voyage peut sembler complexe, avec de multiples options qui, en surface, semblent similaires. Pourtant, les détails de chaque contrat révèlent des différences capitales, surtout pour un voyage de longue durée comme un road-trip d’un mois en Asie. Comparons les trois principales solutions : le livret ETI du TCS, l’assurance incluse dans les cartes de crédit « Or » ou « Platine », et l’extension de votre caisse maladie.

L’assurance de votre carte de crédit est souvent la première à laquelle on pense, mais c’est aussi la plus piégeuse. Sa principale faiblesse est la durée de couverture, généralement limitée à 45 ou 90 jours maximum, et souvent conditionnée au paiement du voyage avec la carte. De plus, les plafonds pour les frais médicaux peuvent être limités (par exemple à 250 000 CHF) et de nombreux sports à risque sont exclus. L’extension de la caisse maladie est une option, mais elle reste souvent une couverture complémentaire à la LAMal, avec des plafonds et des conditions qui varient énormément et nécessitent une lecture attentive.

Pour un voyage long et complexe, une assurance spécialisée comme le Livret ETI du TCS se détache nettement. Elle est conçue pour les voyageurs, avec une durée de couverture annuelle (jusqu’à 365 jours par voyage), des plafonds de frais médicaux illimités, et une inclusion par défaut des sports à risque courants comme le trekking ou la plongée. Le tableau suivant, basé sur les informations du TCS et des standards du marché, met en lumière ces différences cruciales.

Comparatif Livret ETI TCS vs Cartes de crédit vs Extensions LAMal pour voyage Asie
Critère TCS Livret ETI Plus Carte Or UBS/PostFinance Extension Swica/Helsana
Durée maximale voyage Illimitée (365 jours) 45-90 jours 90 jours max
Plafond frais médicaux Illimité 250 000 – 500 000 CHF Variable selon contrat
Sports à risque (trekking, plongée) Inclus Exclusions fréquentes À vérifier selon contrat
Couverture épidémies/pandémies Oui (COVID-19 couvert) Limité Variable
Couverture famille Enfants jusqu’à 25 ans même foyer Titulaire + conjoint + mineurs Individuelle
Annulation voyage 120 000 CHF/an (sans franchise en Plus) Non inclus ou limité Non inclus
Recherche & sauvetage montagne 30 000 CHF Souvent exclu 50 CHF max LAMal

Étude de Cas : L’avantage décisif de la couverture familiale pour les Suisses

Le TCS Livret ETI en formule Famille offre une couverture étendue incluant toutes les personnes vivant en ménage commun avec le titulaire, ainsi que les enfants jusqu’à 25 ans révolus résidant sous le même toit. Cette couverture familiale se distingue nettement des assurances cartes bancaires qui limitent généralement la protection au titulaire, au conjoint et aux enfants mineurs uniquement. Pour une famille suisse avec des enfants étudiants de 20-25 ans, cela représente une différence majeure de protection et une simplification considérable de la gestion des assurances avant un grand voyage.

Pour un court séjour en Europe, une carte de crédit peut suffire. Pour un road-trip d’un mois en Asie avec des activités variées, une assurance voyage annuelle et spécialisée est la seule option réellement sécurisante.

L’erreur de souscrire son assurance annulation la veille du vol au lieu du jour de la réservation initiale du séjour

C’est une erreur de timing classique qui peut coûter très cher : souscrire à une assurance annulation de voyage quelques jours avant le départ en pensant se couvrir « au cas où ». En réalité, une assurance annulation, pour être valide, doit presque toujours être souscrite le jour même de la réservation du voyage ou, selon les contrats, dans un délai très court de quelques jours. Pourquoi ? La logique des assureurs est d’éviter l’anti-sélection : le risque qu’une personne ne souscrive que parce qu’elle sent déjà qu’un problème pourrait survenir.

Souscrire tardivement rend la couverture caduque pour tous les événements survenus entre la date de réservation et la date de souscription. Si vous réservez un voyage en janvier pour un départ en juillet, et que vous tombez malade en juin, une assurance souscrite en mai ne couvrira pas cette annulation. L’événement déclencheur (la maladie) doit être imprévisible et postérieur à la date de souscription. C’est un point de droit des assurances suisse sur lequel les compagnies sont intransigeantes.

De plus, il est crucial de comprendre ce qu’est un « motif valable » d’annulation. Un simple changement d’avis, une rupture sentimentale ou la peur liée à une situation géopolitique ne sont généralement pas couverts. La couverture est activée par des événements graves, soudains et documentés. Voici une liste non exhaustive des motifs généralement acceptés ou refusés :

  • Motifs VALABLES : Maladie grave soudaine et imprévisible (un certificat médical détaillé sera exigé).
  • Motifs VALABLES : Licenciement économique inattendu survenu après la souscription.
  • Motifs VALABLES : Convocation par une autorité judiciaire comme juré ou témoin.
  • Motifs VALABLES : Complications de grossesse non prévisibles au moment de la réservation.
  • Motifs REFUSÉS : Une nouvelle restriction de voyage (ex: COVID-19) si la situation était déjà connue ou prévisible au moment de la souscription.
  • Motifs REFUSÉS : Une séparation ou un divorce, sauf si le contrat le prévoit spécifiquement.
  • Motifs REFUSÉS : Le simple fait de « ne plus avoir envie de partir ».

Le bon réflexe est donc simple : au moment où vous cliquez sur « Réserver » pour vos vols ou votre séjour, votre prochaine action devrait être de souscrire à l’assurance annulation correspondante. C’est la seule façon de garantir une couverture complète et sans ambiguïté.

Comment étendre votre protection d’assistance pour couvrir la perte définitive de votre équipement photographique professionnel ou vos bagages lors d’escales multiples ?

La perte de bagages est une angoisse pour tout voyageur. Mais pour celui qui transporte du matériel de valeur, qu’il s’agisse d’un équipement photographique professionnel, d’un ordinateur portable ou d’autres objets précieux, cette angoisse se transforme en cauchemar financier. Il est crucial de comprendre que le module « bagages » d’une assurance voyage standard est rarement suffisant et que le matériel à usage professionnel est presque toujours formellement exclu.

L’assurance bagages d’un contrat comme le Livret ETI est conçue pour l’usage privé. Elle couvre la perte et le vol, souvent avec une franchise, jusqu’à un plafond de 2 000 ou 3 000 CHF. C’est parfait pour des vêtements et des effets personnels, mais totalement inadapté pour un appareil photo et des objectifs valant plus de 10 000 CHF. La seule solution pour couvrir du matériel professionnel en voyage est de passer par une extension « objets de valeur » de votre assurance ménage ou par une assurance professionnelle spécifique. Cette dernière couvrira le matériel partout dans le monde, y compris pour la simple perte, ce que l’assurance ménage ne fait pas toujours.

Ce tableau comparatif aide à distinguer les deux types de couvertures et à choisir la bonne stratégie avant le départ.

Assurance objets de valeur (ménage) vs Module bagages (voyage)
Critère Extension assurance ménage (objets valeur) Module bagages TCS Livret ETI Plus
Plafond de couverture Variable, souvent élevé (30 000+ CHF) 2 000 – 3 000 CHF selon formule
Franchise Variable selon contrat 0 CHF (formule Plus) ou 200 CHF (Standard)
Vol couvert Oui, partout Oui, avec franchise possible
Simple perte (non vol) Souvent NON Oui
Dommages accidentels Selon contrat Oui
Matériel professionnel Possible avec extension spécifique EXCLU (usage privé uniquement)

Au-delà du contrat, l’indemnisation dépendra de votre capacité à prouver la valeur et la possession de vos biens. Une préparation rigoureuse avant le départ est donc non négociable.

Checklist pour garantir l’indemnisation de vos bagages et équipements :

  1. Avant le départ : Photographiez tout l’équipement de valeur et les objets importants sous plusieurs angles.
  2. Avant le départ : Scannez ou photographiez toutes les factures d’achat et stockez-les dans un service cloud sécurisé (Dropbox, Google Drive, etc.).
  3. Avant le départ : Dressez une liste détaillée du contenu de chaque bagage enregistré, avec une estimation de la valeur de chaque article.
  4. Après l’incident : Obtenez immédiatement un rapport officiel. À l’aéroport, c’est le « Property Irregularity Report » (PIR) auprès du guichet de la compagnie aérienne. En cas de vol en ville, c’est un rapport de police local.
  5. Après l’incident : Contactez votre centrale d’assistance dans les 24 à 48 heures, muni du rapport officiel et de votre liste de biens.

En résumé, la protection de vos biens de valeur en voyage repose sur une double stratégie : choisir le bon type de contrat d’assurance et documenter méticuleusement vos possessions avant même de quitter votre domicile.

Pourquoi votre simple carte de donateur à la REGA ne constitue en aucun cas une assurance de rapatriement absolue en Asie ou en Afrique ?

La Garde aérienne suisse de sauvetage (REGA) occupe une place particulière dans le cœur des Suisses. Son hélicoptère rouge et blanc est un symbole de sécurité et d’efficacité. Beaucoup de résidents suisses soutiennent la REGA par un don annuel, pensant à tort que ce statut de donateur équivaut à une assurance rapatriement mondiale. C’est un mythe dangereux qui doit être déconstruit avec précision.

Juridiquement, la REGA est une fondation privée d’utilité publique, et non une compagnie d’assurance. Votre don est un soutien, pas une prime. Par conséquent, il n’existe aucun droit contractuel à une prestation. La REGA opère à sa « libre appréciation », comme le stipulent ses statuts. Cette nuance est capitale. Cela signifie qu’elle décide au cas par cas si elle intervient et si elle prend en charge les frais. Pour un sauvetage en montagne en Suisse, la question se pose rarement. Pour un rapatriement complexe depuis l’Asie ou l’Afrique, la décision est loin d’être automatique.

Le point le plus crucial, et souvent méconnu, est que la REGA rapatrie en principe vers le domicile. Pour les Suisses de l’étranger, cela a des conséquences dramatiques, comme l’a montré une histoire relayée par un article de Swissinfo.

Le cas concret : Le refus de rapatriement d’un couple de Suisses expatriés

En avril 2025, Bernhard Otti, un retraité suisse vivant en Hongrie, a contacté la REGA pour rapatrier son épouse gravement malade depuis un hôpital hongrois aux conditions précaires. Bien qu’ils fussent donateurs depuis des années et affiliés à une assurance maladie suisse, la REGA a refusé d’intervenir au motif qu’ils n’avaient plus de domicile en Suisse. Ce cas illustre parfaitement que le don annuel ne crée aucune obligation contractuelle de rapatriement pour la fondation.

Cette position est clairement affirmée dans les textes officiels de l’organisation. Comme le précisent les statuts de la Garde aérienne suisse de sauvetage :

La REGA peut décharger ses donateurs, à sa libre appréciation, des frais qu’occasionnent les services d’assistance en cas d’urgence organisé par elle-même, au cas où assurance, caisse maladie ou autres tiers censés fournir des prestations ne subviendraient pas ou que partiellement à ces frais.

– Statuts officiels de la Garde aérienne suisse de sauvetage, source via Wikipédia

En conclusion, continuez à soutenir la REGA pour son travail exceptionnel en Suisse. Mais pour un rapatriement depuis l’étranger, seule une assurance voyage privée avec une couverture rapatriement explicite et contractuelle vous offrira une véritable garantie.

Le piège de négliger la couverture des rapatriements lors d’un semestre d’échange Erasmus

Partir pour un semestre d’études à l’étranger est une expérience formatrice, mais elle présente des défis spécifiques en matière d’assurance. Les étudiants et leurs parents se concentrent souvent sur l’obtention de la Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM), pensant qu’elle est une solution tout-en-un. C’est une erreur, car la CEAM a des fonctions très précises et des limites claires, notamment l’absence totale de couverture pour un rapatriement sanitaire.

La CEAM est un outil formidable : elle garantit l’accès aux soins de santé publics dans le pays d’accueil, aux mêmes conditions et aux mêmes tarifs que les résidents locaux. Si les soins sont gratuits pour les habitants, ils le seront pour vous. Si une participation est demandée, vous la paierez également. Cependant, la CEAM ne couvre JAMAIS le rapatriement vers la Suisse en cas d’accident grave ou de maladie sérieuse qui nécessiterait une hospitalisation de longue durée. De plus, de nombreuses assurances voyage annuelles standards ne sont pas adaptées, car elles comportent une clause limitant la durée de chaque voyage à 90 jours maximum par voyage, ce qui est insuffisant pour un semestre de 5 ou 6 mois.

Pour un séjour d’études de longue durée, il est donc impératif de souscrire une assurance spécifique « long séjour étudiant » ou de vérifier que son assurance annuelle couvre des voyages de plus de 90 jours. La distinction entre les différentes couvertures est essentielle :

  • CEAM : Elle donne accès aux soins sur place dans les pays de l’UE/AELE, mais ne couvre jamais le rapatriement.
  • Assurance rapatriement : C’est un contrat complémentaire indispensable qui organise et finance votre retour en Suisse si votre état de santé le justifie.
  • Assurance « long séjour étudiant » : La seule solution complète, combinant frais médicaux (souvent en complément de la CEAM), assistance, et rapatriement pour des durées supérieures à 90 jours.
  • Option interruption d’études : Certaines polices spécialisées peuvent même rembourser les frais de scolarité non utilisés en cas de retour anticipé pour raisons médicales.

Négliger cet aspect revient à faire un pari risqué : celui qu’un accident grave ne nécessitera pas une convalescence prolongée près de sa famille, dans un environnement médical familier. C’est un risque qu’aucun étudiant ne devrait avoir à prendre.

À retenir

  • Votre assurance de base LAMal est structurellement insuffisante pour couvrir les frais médicaux dans les pays à hauts coûts comme les États-Unis.
  • Être donateur de la REGA est un acte de soutien louable, mais ne constitue en aucun cas une assurance contractuelle garantissant votre rapatriement depuis l’étranger.
  • Le timing de souscription de l’assurance annulation est critique : elle doit être contractée au moment de la réservation du voyage, et non la veille du départ.

Rapatriement sanitaire d’urgence : comment éviter qu’un simple vol médicalisé vous coûte 50 000 CHF de votre poche ?

Le mot « rapatriement » évoque souvent l’image d’un simple billet d’avion pour rentrer à la maison. La réalité logistique et financière est tout autre. Un rapatriement sanitaire est une opération médicale complexe et extrêmement coûteuse, organisée par une centrale d’assistance. Le coût ne réside pas dans le transport lui-même, mais dans l’encadrement médical nécessaire pour assurer la sécurité du patient du « lit au lit », c’est-à-dire de son lit d’hôpital à l’étranger jusqu’à son lit d’hôpital en Suisse.

Les coûts peuvent varier de quelques milliers de francs pour une ambulance terrestre depuis un pays voisin à plus de 100 000 CHF pour un vol en jet médicalisé depuis les États-Unis avec une équipe de soins intensifs. Un vol de ligne classique peut être utilisé, mais il doit être aménagé avec une civière (ce qui réquisitionne plusieurs sièges) et accompagné par un médecin ou un infirmier, portant la facture à plusieurs dizaines de milliers de francs. Sans une assurance voyage avec un plafond « illimité » ou très élevé pour le rapatriement, cette facture vous sera directement présentée.

Ce tableau, basé sur des données de spécialistes de l’assistance internationale, donne une idée concrète des ordres de grandeur.

Grille des coûts réels de rapatriement par destination
Destination Type de rapatriement Coût approximatif
Canaries → Suisse Jet médicalisé 25 000 CHF
Thaïlande → Suisse Vol de ligne avec civière + médecin 40 000 CHF
États-Unis → Suisse Jet médicalisé équipé soins intensifs >100 000 CHF
Europe proche → Suisse Ambulance terrestre ou vol court-courrier 5 000 – 15 000 CHF
Moyenne mondiale Rapatriement sanitaire complet 40 000 EUR (43 000 CHF)

Éviter de payer ces sommes de sa poche repose entièrement sur une chose : avoir le bon contrat d’assurance et savoir activer la chaîne logistique. Voici le protocole standard d’un rapatriement réussi.

Votre plan d’action : La chaîne logistique d’un rapatriement sanitaire

  1. Contact immédiat : Le premier geste est l’appel à la centrale d’assistance 24/7 de votre assurance voyage. C’est le point de départ de toute l’opération.
  2. Conférence médicale : La centrale organise une conférence téléphonique entre leur médecin-conseil en Suisse et le médecin qui vous traite sur place pour évaluer la situation.
  3. Évaluation de transportabilité : Le médecin-conseil suisse détermine si vous êtes « fit-to-fly », c’est-à-dire si votre état de santé permet un transport sans risque aggravé.
  4. Choix du vecteur : Selon la gravité, la distance et votre état, la centrale choisit le moyen de transport le plus approprié : ambulance, vol de ligne avec accompagnement médical, ou jet médicalisé.
  5. Organisation complexe : L’équipe d’assistance gère l’ensemble de la logistique : plans de vol, autorisations de survol, organisation des ambulances au départ et à l’arrivée (par exemple, à Genève Cointrin ou Zurich Kloten).

Maintenant que vous comprenez la complexité et les enjeux financiers, il est crucial de ne jamais oublier les principes fondamentaux que nous avons vus au début pour bien choisir votre couverture.

L’étape suivante, pour vous, n’est pas de rêver à votre prochaine destination, mais de vérifier, ligne par ligne, les conditions de votre contrat d’assistance voyage. C’est ce travail de préparation méticuleux, et non la chance, qui garantira votre sécurité et votre sérénité à l’autre bout du monde.

Rédigé par Élodie Favre, Élodie Favre est une courtière digitale spécialisée dans les assurances de niche, la couverture voyage et la protection des animaux de compagnie. Diplômée en économie de l'entreprise de la HES-SO, elle a participé au lancement de plusieurs plateformes d'Insurtech en Suisse romande. Ses 9 années d'expérience en transformation numérique lui permettent de guider les consommateurs vers les contrats nouvelle génération les plus performants et transparents.